Histoire

À l’époque de la conquête romaine et probablement dès l’âge du Fer (Ve siècle av. JC), le territoire de Saint-Restitut est occupé par les Tricastini. L’étude de ce nom pourrait attester de son origine celtique comme l’est celui de plusieurs peuples du sud-est de la Gaule et des Alpes, également composé à partir du préfixe Tri- : Tricores, Tricorii, etc. La région est connue dès la période antique pour l’extraction d’une pierre tendre facile à travailler, communément appelée « pierre du Midi » et très appréciée comme pierre de taille et de construction[1].

Le nom du village est ancien et porte le nom de son saint patron, saint thaumaturge qui aurait été évêque du diocèse du Tricastin au Ve siècle[2]. La précaire de 993 puis plus tard un acte de 1108 établi lors d’un conflit entre l’évêque et son vicaire attestent de l’appellation « Villa sancti Restituti ». Le nom de Saint-Restitut est quant à lui attesté dès 1235[3].

À l’identité de Restitut, saint connu dès le Ve siècle comme évêque du Tricastin, est venue se subtituer celle de l’aveugle-né de l’Évangile (Jn 9). Cette légende est rapportée dans un  manuscrit du XIVe siècle et trouve son origine dans une Vie de Marie Madeleine[4]. Le tombeau abritant les reliques du saint a été ouvert plusieurs fois. En 1465, l’évêque Genevès déclara avoir découvert ces reliques. Une dernière ouverture du tombeau, en 1844 au moment de la première tranche de travaux de la Commission des monuments historique lors du classement de l’église, a permis de le localiser dans le chœur de l’église.

 

[1] Odiot T., Bel V. et Bois M., D’Augusta Tricastinorum à Saint-Paul-Trois-Châteaux, Lyon, éd. Alpara, 1992, p. 15-17 et p. 11.

[2] Albanès J.-H. (Chanoine), Fillet L. (Chanoine) et Chevalier U. (Chanoine), Gallia Christiana Novissima, Saint-Paul-Trois-Châteaux, Valence, Impr. Valentinoise, 1904, p. 26.

[3] Jacques de Font-Réaulx, Cartulaire de Saint-Paul-Trois-Châteaux, p. 66 et p. 176.

[4] Paris, BnF, lat. 916, ff. 43-56.